Éditoriaux pour emporter

Vous connaissez un côté du gène Dauphinais; en voici un autre.

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Défi planches – Rentrée scolaire

Petite image réalisée pour le Défi planches (de la revue Planches) sur la thématique «rentrée scolaire».

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Message de circonstance

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Cinquante (glorieux) printemps

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Dérivé d’un fait divers

Histoire un peu bordélique inspirée par ceci (mais qui ne reflète pas la réalité, ne me poursuivez pas, c’est juste une blague)

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Réflexions sur la Journée sans maquillage

(Avertissement : ceci n’est pas une BD)

Karl Marx réfléchit aux tenants et aboutissant de la Journée sans maquillage.

Karl Marx réfléchit aux tenants et aboutissants de la Journée sans maquillage.

Quand j’avais 19 ans, je travaillais comme hôtesse dans un restaurant. Rien de chic là, c’était un buffet avec une immense salle, situé dans un centre d’achats, et on éparpillait les clients entre les diverses sections pour s’assurer que les serveurs en aient à peu près autant chacun.

J’ai passé ma formation avec succès – on s’entend, il n’y avait pas grand-chose de difficile à faire à partir du moment où tu n’étais pas trop gêné de nature et que tu étais capable de coller des tables.

À la fin, donc, de mes deux jours d’essai, la gérante m’a prise à part pour me faire part de son appréciation de mon travail. J’étais dynamique, sympathique avec les clients, je ne faisais pas d’erreurs, j’étais ponctuelle et toujours habillée selon l’uniforme réglementaire : pantalons noirs, chemise blanche, souliers noirs plats et fermés. Je pouvais me considérer comme officiellement embauchée.

Mais après cette pluie de fleurs, un pot m’attendait.

« Je ne veux pas que tu le prennes mal, mais il faudrait que tu te maquilles plus. On veut donner envie aux clients de rentrer. »

J’ai eu envie d’aller me cacher derrière les comptoirs de bouffe pour le restant de la journée. Je me sentais comme si je repoussais les clients, comme s’il y avait un problème inhérent à ma face, et qu’il fallait y remédier. Moi qui pensait que mon cache-cerne et mon mascara étaient déjà un effort louable pour une fille qui ne trippe pas maquillage…

Non, ç’a l’air que les clients, en voyant ma face à l’entrée, passaient par-dessus leur envie d’egg rolls et de pizzas molles, se disaient que ça ne valait pas la peine d’entrer dans le resto, demi-tour les enfants, on retourne à la maison.

Après mon quart de travail, une fois chez moi, j’étais plus frustrée que gênée, et le lendemain, je me suis présentée au travail la face pleine de fond de teint, les yeux encerclés d’eyeliner et (cela se voulait vindicatif) avec du glitter doré sur les yeux!

La gérante n’a rien dit.

J’ai travaillé dans ce restaurant quelques mois. Je ne me rappelle plus trop de la politique maquillage que je m’imposais, mais disons que ce commentaire m’est toujours resté en travers de la gorge, et qu’il n’est pas étranger au fait que j’aie quitté l’endroit dès que je me suis trouvé quelque chose de mieux.

***

Les réflexions qui entourent la Journée sans maquillage sont intéressantes, toutes à leur façon. Oui, les magazines qui en font la promotion me semblent drôlement hypocrites. Oui, culpabiliser quelqu’un qui se maquille, c’est une mauvaise idée; on fait ce qu’on veut de notre corps. Oui, le maquillage peut aider à l’estime de soi. Oui, le maquillage peut nous faire du bien. Oui, le maquillage peut servir à exprimer sa créativité. Oui, oui, oui.

Mais le maquillage n’existe pas dans un vacuum externe aux normes sociales. Il faut reconnaître que la pression que la société met pour qu’un visage maquillé soit « la base » ne fait de bien à personne.

Sans que cela soit dit de façon aussi évidente que lors de mon expérience, on le sait bien que ne pas se maquiller diminue nos chances d’obtenir certains emplois (qui n’ont aucun lien avec l’esthétique). On le sait bien que certaines personnes, dépendamment de l’apparence de leur peau ou de leur physique en général, ressentiront une plus grande pression pour se maquiller. On le sait bien que pour beaucoup (pas pour tous), se maquiller le matin n’est pas un choix fait 100 % pour soi-même, mais en bonne partie une corvée qu’on s’impose pour ne pas sortir du standard auquel les gens s’attendent.

Il me semble que c’est sur ces réflexions qu’on devrait se concentrer aujourd’hui. Pas sur le fait de s’extasier devant des photos de gens pas maquillés comme si c’était la 8e merveille du monde alors que le reste de l’année on trouverait que coudonc, ils n’ont pas fait d’efforts aujourd’hui. Pas non plus sur le fait de faire feeler cheap les gens qui se trouvent beaux maquillés et qui ne veulent pas participer à cette journée.

On pourrait peut-être se demander pourquoi on cherche tant cette beauté, pourquoi on s’attend à tant de beauté, pourquoi on a envie de participer à cette journée ou encore pourquoi on se sent attaqués par elle.

Je voulais conclure en disant « peu importe ce qu’il y a sur votre face aujourd’hui, vous êtes beaux et belles ». Mais je ne le ferai pas, parce que peut-être que ce n’est pas si important, après tout.

Safari urbain, partie 2

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Safari urbain partie 1

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Ma mémoire est très faillible

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